Invitations au quotidien – semaine du 25 au 29 juin

Pour celles et ceux qui n’ont pas d’accès facebook ou pour retrouver tous les petits conseils du jour, voici ceux qui ont été publiés au quotidien sur ma page facebook durant la semaine du 25 au 29 juin 2018. Retrouvez plus de conseils au quotidien.

Lundi 25 juin
Au large des idéaux –

Le ici et maintenant n’exclut pas l’ailleurs et le jadis, loin s’en faut. A force de ne parler que de l’instant présent, la vision en est courte et erronée. Il est bien évident que le passé est tout aussi réel que le présent et le futur, pour peu qu’on leur accorde une réalité mais oui allons-y, ne sombrons pas dans le nihilisme facile de renier ce qui fait notre humaine finitude. C’est bien parque ce que nous espérons un futur meilleur que nous changeons des choses dans la compréhension d’un passé d’où nous venons qui nous éclaire et peut peut-être nous éviter des répétitions. Sachant que de toutes façons rien ne se répète exactement de la même façon, évidemment.
La raison pour laquelle nous souhaitons améliorer les choses individuellement et collectivement aussi, est cette conscience de l’histoire dans laquelle nous nous inscrivons.
Méditer ce n’est pas réduire la vie à l’instant présent, où est-il d’ailleurs? Il y a là une vision simpliste et qui bouche la vue des dix directions plutôt que de l’étendre.
Comme nous sommes soumis à beaucoup de stress, de tensions et facilement embarqués dans le vaisseau du mental, bien utile par ailleurs, il est bon de savoir revenir sur terre. C’est ce que nous a montré le Bouddha, le geste montrant la terre signifie qu’il ne s’agit pas de s’évader ni d’idolâtrer un quelconque paradis. En réalité, passé, présent et futur sont ici en même temps, si on peut dire. Les trames temporelles ne sont pas séparées. Elles ont lieu sur fond d’infini, ne l’oublions pas. Présent fini versus infini sans saisie. Les deux. Tout dépend où nous mettons le focus.
Ce que je voulais souligner aujourd’hui est d’en finir avec ces faux problèmes d’un hédonisme de l’ici et maintenant qui ferait la chasse au passé en éludant le futur. Cela se réduirait à un tout petit carré peint en rose qui nous ferait nous évader dans une histoire qu’on se raconterait sur le gentil présent.
Etre présent serait justement l’occasion et l’excuse de ne pas l’être, avouez que c’est tordu mais loin d’être impossible, nous sommes si intelligents.
Si nous sommes présent, nous voyons les contrastes, les ombres et les clartés, les êtres vulnérables que nous sommes de belle aspiration mais de maigre réalisation. Etre présent c’est voir qu’on ne voit pas, qu’on ne voit rien, en réalité, bien qu’on s’y efforce.
Le présent commence avec l’honnêteté du regard. Ce n’est pas une panacée pour nous rendre amnésique. Ce n’est pas parce que les choses ne sont pas à côté de nous, palpable matériellement, qu’elles ne sont pas réelles, qu’elles n’ont pas d’influence.
Alors aujourd’hui, sortons d’un matérialisme spirituel qui consiste à faire les louanges d’un présent dissocié. Si vous êtes stressé et dans votre tête revenez à votre respiration oui mais ne limitez pas le chemin exigeant et plein de désillusion que chaque humain a à faire sur cette terre à cela. Le bonheur absolu tient le temps d’une respiration et c’est déjà pas si mal!
Tout bien réfléchi, c’est plutôt une bonne nouvelle, celle de s’accepter avec tout le bazar qu’on trimballe, on peut renoncer à l’idéal d’être ce qu’on ne sera jamais. Quel soulagement! Ne pas confondre l’idéal social et moral avec un chemin qui certes s’entrelace avec de multiples réseaux mais ne saurait se réduire ou se confondre avec eux.
Nous sommes vulnérables et imparfaits et vulnérables et imparfaits nous resterons, et entre les deux, tout un éveil, comprenne qui veut!

Mardi 26 juin
De bon matin –

Une chose que nous pouvons faire de bon matin c’est de penser à reprendre contact avec la terre. Vous posez vos deux pieds hors du lit après voir balancé vos jambes et là assis vous prenez quelques secondes pour bien respirer et vérifier que vous êtes bien vivant sur terre, encore une fois, pour une journée mais laquelle? Comme le héros du film « un jour sans fin » qui se réveille chaque matin pour copier/coller inlassablement la même ennuyeuse journée jusqu’à ce que ce ne soit plus le réveil qui le sonne mais lui qui s’éveille à la vie. Se lever pour une journée oui mais laquelle?
Sentez vos pieds touchant le sol, le contact, les sensations, le plaisir de pouvoir encore apprécier ce moment.
Si l’occasion s’en présente, vous pouvez aussi aller dire bonjour aux oiseaux, aux arbres, à l’air frais et doux dehors qui ne manquera pas de vous caresser la peau en guise de bienvenue.
N’hésitez pas à toucher l’herbe, les fleurs, les pierres, l’eau, les écorces, les fleurs. N’hésitez pas à sentir, à approcher votre nez de la terre, des branches, et de tout ce qui vous attire. Fiates le chat. Allez-y à l’instinct. Jouez avec tout.
Et puis aussi sussurrez, chuchotez à l’oreille du monde qui vous entend, ce que vous avez envie d’exprimer. Approchez-vous d’un arbre, d’une fleur, d’un bosquet et chuchotez quelques mots souriants. Et même si c’est de la tendresse voilée de tristesse, quoique ce soit, le monde vous entend, le monde fait écho, le monde se répond en résonances invisibles. Laissez l’air porter vos prières enfantines, ce sont les plus belles, celles qui sont sincères et sans attente.
Vous verrez que cela changera vos perceptions, vous vous sentirez relié et déjà vous serez sans le savoir dans l’acceptation de la vie. En appréciant chaque petite chose nous entrons en contact avec ce qui change sans cesse, ce qui se transforme tout le temps, sur fond de beauté. Levez les yeux et saluez le petit nuage qui vagabonde au bout de votre nez. Bonjour et bon voyage!
Se lever pour une journée oui mais laquelle?

Jeudi 28 juin
Pleine lune et pompes en l’air –

Aujourd’hui je vais commencer par vous parler d’hier où rentrant de Lyon j’écrivais un texte quasi terminé sur les réseaux arachnéens des vieilles portes des quartiers de Saint Georges et Saint Jean quand soudain je vous le donne en mille : coupure de courant! et là j’ai laissé tomber mon Haddock de clavier moulinsard, mille milliard de mille sabords qui me saborde?! j’ai dû accepter l’arrivée de Saturne dans l’histoire.
Aujourd’hui c’est la pleine lune. Non je ne vais pas vous parler d’astrologie mais de résonances qui peuvent être des influences. Quels liens entre hier et aujourd’hui me direz-vous? Eh bien hier je pensais avoir écrit un texte qui m’a filé entre les doigts et pas de solution il avait bel et bien disparu de la toile – j’aurais pu le réécrire mais non mes entrailles ne pouvaient se résoudre à redoubler l’énergie.
Frustration, limitation saturniennes flottaient autour – et aussi l’idée de lâcher l’idée de s’appuyer sur quelque chose, même une idée c’est quelque chose.
Rester les pantoufles en l’air, les pompes volantes sur des façades vides. S’intérioriser avec l’absence de solution était la seule solution.
Parfois on a beau chercher on ne trouve rien. Voilà la situation telle qu’elle est et il n’y a pas d’autre solution que ce simple éclairage : nada.
C’est comme des pompes en l’air face au vide des façades, Il y a quelque chose qui contrarie notre désir de donner sens, de trouver un quelque chose ou un quoi où enfin s’asseoir.
Ce sont les « quand’. Quand j’aurai trouver ce que je veux faire, quand j’aurai trouver la relation idéale, quand j’aurai gagner plus d’argent, quand la vie se sera alignée sur tous mes quand, alors enfin j’aurai trouvé – eh ben y a fort à parier que tu seras mort-e) avant d’en voir la fin. La fin est maintenant en lâchant cette pression de ne pas vouloir être ce que l’on est – oui tu es inadéquat – oui et alors?
Est-ce qu’il y aura quelqu’un pour accrocher tes baskets et signaler à quel gang tu appartenais? ici quelqu’un qui a cherché toute sa vie et n’a rien trouvé, il appartenait au gang des « quand » et quand la fin fut venue eh bien elle fut venue. Et voilà. Fin de la visite guidée. Ben mince alors! Et pourquoi n’a-t-il rien trouvé? Parce qu’il n’y a tout simplement rien à trouver. Et c’est là le grand soulagement saturnien que l’on redoute tant car il vous casse la baraque et demande à ce qu’on plonge bien au fond de soi la tête dans les trous par où filtre la vacuité.
Quel soulagement! Quelle liberté! Quelle frustration! Quelle limitation! Quelle désillusion! eh oui c’est tout ça à la fois.
C’est à ce point que la réalité deviendrait jeu puisque ton regard s’en serait libérée? Ne compte pas sur moi pour te répondre – Allez remets tes pompes et joue – fais les efforts qu’il faut – car une journée sans efforts est une journée pendue au fil des quantitudes désespérantes. La vie te patiente ou t’impatiente, dans les deux cas, fais avec et suspends tes baskets que la lune voit son chemin.

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