Invitations au quotidien – semaine du 4 au 8 juin

Pour celles et ceux qui n’ont pas d’accès facebook ou pour retrouver tous les petits conseils du jour, voici ceux qui ont été publiés au quotidien sur ma page facebook durant la semaine du 4 au 8 juin 2018. Retrouvez plus de conseils au quotidien.

Lundi 4 juin

De retour d’un week-end de constellations en Ardèche au Clos d’Augnac, un lieu magnifique, où nous avons goûté les saveurs du paysage, de la cuisine de chacun et partagé des moments intenses, j’ai envie de vous dire encore merci et de laisser quelque échos s’échapper.
Pendant ces ateliers, chaque personne vient offrir ce qu’elle est et se montrer comme elle est.
Nous avons toujours des deuils à faire, deuil de ce qui a été, de ce qui n’a pas été et aussi parfois de ce qui ne sera pas. Il est essentiel d’inclure toutes les dimensions du couloir du temps dans lequel nous nous baladons sans cesse. Non notre vie n’est pas aussi linéaire que nous le pensons », loin de là.
« Nous » signifie aussi tous les « moi » ou toutes les parts qui n’arrêtent pas d’émaner venant du passé et du futur.
Les constellations nous plongent dans toutes ces dimensions, multi-dimensions de la conscience. Cela nous oblige à lâcher la linéarité du mental, l’auto-contrôle. La plaque cognitive de nos structures habituelles se vrille, ça bouge, ça secoue, ça marécage avec quelques grenouilles intuitives qui remontent à la surface pour se changer en fée.
Nous nous pensons coupés, séparés, et ne pas être une bonne personne. Nous cherchons à être mieux par dénigrement de ce que nous sommes ou aurions aimé être et que nous ne sommes pas. Nous sommes déçus de nous-même. Ce qui renforce les coupures, les séparations, les exclusions.
A chaque étape de notre vie, il nous faut aussi faire le deuil de quelques idéaux. Il y a ce que nous n’avons pas été, ne sommes pas et ne serons jamais. C’est ainsi que l’on retrouve la liberté, la possibilité de choisir qui nous avons envie d’être à l’instant.
Aujourd’hui, je vous invite à voir s’il y a des deuils à faire, et d’envisager toutes les dimensions temporelles de ce deuil. Ce qui a été, ce qui n’a pas été et ce qui ne sera pas. Parfois un deuil non terminé vient du fait qu’il manque cette inclusion du futur.
Bon voyage dans les couloirs du temps!

Mardi 5 juin

Nous n’avons jamais fini de ranger, de nettoyer, de remettre de l’ordre. Après les placards de la cuisine, il y a les armoires et tiroirs et toutes les poupées russes et toutes les montagnes de bidules orphelins que l’on a mis de côté sans vraiment savoir pourquoi. Mais là aujourd’hui on est bien décidé à tout désencombrer sans aucune concession. Vous connaissez ce genre de détermination? c’est juste avant que l’on commence à s’asseoir pour discuter avec un vieux pull dans lequel on a eu tellement de joie ou un peignoir que vous avez porté toute votre grossesse même si votre entourage le trouve ringard et que vous ne le mettrez plus, n’empêche il ne semble pas méritez l’abandon. Plusieurs fois vous avez failli le donner, un peignoir ça sert toujours à quelqu’un, mais non vous n’avez pu vous y résoudre. Et vous revoilà à vous poser la même question.
Parfois il y a des choses, des objets, des lettres, des trucs et des bidules d’autrefois que nous n’arrivons pas à jeter. Dans l’hésitation, ne vous précipitez pas. Peut-être ces choses ont-elles encore un rôle à jouer, n’ont-elles pas encore rempli leur mission. Mais dès que vous êtes sûr, n’attendez plus, agissez.
Débarrasser est un grand moment de dialogue avec son passé, ses sentiments, ses ressentis, sa mémoire affective. Parfois sans se poser de questions on élimine et parfois on n’est pas prêt, prête à avoir cette désinvolture ou cette radicalité. L’essentiel est d’avoir quand même vidé des endroits et de s’en sentir soulagé. Vous pouvez donc vous féliciter des petits pas que vous faites des armoires à la poubelle. Poubelle ou don évidemment si cela est utile mais n’allez pas en encombrer d’autres sous prétexte qu’ils adorent les livres ou magazines ou autres vestiges – demandez d’abord.
Ecoutez aussi votre intuition pour ne pas vous précipiter ou vous faire violence. Si vous devez vous séparer d’objets ou de vêtements ou de photos parce qu’ils évoquent une relation passée, faites le en remerciant ces choses de vous avoir accompagnées.
Pour tous les objets envers lesquels vous éprouvez des émotions, des liens forts, vous devez procéder avec gratitude. Vous pouvez aussi brûler un peu d’encens autour du sac poubelle. Et reprendre le cours de votre vie.
Si vous avez des dessins de vos enfants que vous voulez garder, vous pouvez les mettre dans un endroit précis, dans un coffre par exemple. Ou leur rendre s’ils sont grands et veulent en disposer. Si vous les gardez vous pourrez parfois vous plonger avec eux dans de bons souvenirs tant que cette énergie fonctionne et dès que cela est terminé alors faites les actes qui vous semblent nécessaires pour clore cette étape et en ouvrir une autre.
Entre tout garder et tout jeter, il y a un juste milieu. Il y a surtout le respect de vous-même, de ce que vous ressentez, et le respect de ce qui a été vécu.
Nous devrions avoir cette noblesse du coeur de considérer que rien n’est anodin dans nos vies. Tout ce que nous avons vécu a été choisi. Notre vie n’est pas un monticule de déchets à mettre au sanibroyeur avant de passer à autre chose. Beaucoup de nos décisions sont irrationnelles. Ce n’est pas parce que tel vêtement vous va que vous allez le garder mais parce que vous avez une relation positive à celui-ci, parce que vous vous sentez vous-même quand vous le portez etc.
Aujourd’hui je vous invite à décider d’un endroit que vous voulez ranger. Et de le faire en conscience. En observant vos émotions et en prenant le temps de ressentir ce qui se passe pour vous. Gratitude, joie, légèreté seront les critères que vous retiendrez pour y voir plus clair.
Bon rangement!

Mercredi 6 juin

Pas d’invitation ce jour-là… coupure de la liaison internet !

jeudi 7 juin

Quand la maison est vide –
Au moment où j’écris ce titre me vient en tête la chanson de Michel Polnareff « Dans la maison vide », que vous connaissez peut-être. En réalité, l’idée de départ n’a rien à voir avec notre chanteur. Elle m’est venue car hier sur facebook mon ami David a fait cette remarque que « les invités étaient venus, nombreux dans sa maison, et puis ils étaient partis, et que la maison lui semblait vide » – et cela m’a rappelé que pour les Baining, une tribu de Nouvelle-Guinée, lorsqu’un hôte s’en va cela correspond à une émotion bien particulière qui s’appelle : awumbuk : la nostalgie de l’invité. Avez-vous déjà ressenti cela? Nous avions un ami ou des amis, féminin, masculin, singulier ou pluriel et brusquement, après tout le brouhaha et l’exaltation des moments passés, la porte se referme et vous restez dans une sensation de vide et de silence. Les présences se sont volatilisées, les valises ont disparu, personne à qui sourire. Il y a comme un poids sur le coeur, comme après avoir fait la fête, l’ivresse a disparu. Surtout si vous vous êtes enivrés d’activités, d’affinités, d’échanges. La maison bien sûr a toujours été vide mais elle semble habiter d’un sentiment de vide, le nôtre, c’est différent. L’hôte est parti le coeur léger et vous a laissé avec un gros caillot dans la poitrine. Quelque chose flotte encore dans l’air.
Dans cette tribu, on chasse ce sentiment de pesanteur et de tristesse en remplissant un petit bol d’eau dans la maison la nuit du départ qui absorbera les humeurs maussades et le vague à l’âme qui se sont répandus sur les murs et le lendemain on jettera l’eau dans le jardin. Ou alors vous pouvez aussi aller carrément dormir dans la nature, le temps que ces nuées mélancoliques se dissipent. Vous me direz que parfois vous êtes content selon comment les choses se sont déroulées que vos invités partent. Ou peut-être avez-vous aussi vos limites et au bout de trois jours, ou même avant, vous craquez. Quoiqu’il en soit, si vous vous sentez un peu patraque avec un sentiment de vide pesant après que les oiseaux se soient envolés, brûlez un peu d’encens, allez faire un tour et revenez dans la maison vide de votre sentiment de vide et l’harmonie y sera revenue.
Nous sommes tous des invités de passage.

vendredi 8 juin

Entre les pierres –
Ce matin brume sur le paysage vu de la fenêtre, impression de c’est comme hier alors qu’on attend le soleil comme demain. Et puis vient l’appréciation de cette ambiance particulière que crée la brume, le brouillard, un voile posé sur les choses, un mystère à lever, une suspension d’entre-deux.
Qu’est-ce qui tarde à commencer? un peu tout et mon propre brouillard de : que vais-je écrire? Et vous le vôtre c’est quoi?
L’instant n’est jamais banal, toujours unique mais nos pensées recouvrent souvent nos sensations d’un air blasé et entendu. Pensées d’attente, de déception, de raisons d’être pour être, de râleries météos et autres tracasseries.
Et puis l’ouverture nous échappe, il y a la petite fleur, là sous nos yeux, l’oeillet de poète, qui, on ne sait pas pourquoi s’est mis à pousser là, improbable entre les pierres. Evidemment la fleur me parle, s’adresse à moi, m’enseigne. Et chez vous les fleurs font la même chose en ce moment même. Ecoutez!
La fleur nichée dans l’anfractuosité de la pierre est libre d’y avoir poussé, personne n’a essayé de la faire grandir là. Nous attendons que quelque chose d’exceptionnel se passe pour vivre, pour commencer à s’intéresser à la vie. La vie ne commence pas quand nous avons fini la vaisselle, ou après les courses ou le travail, ou s’il y a du soleil.
La vie fait pousser des petites fleurs d’instantané entre les pierres des pensées banalisées sur le chemin du quotidien. Laisser le brouillard des attentes se dissiper, sentir que l’on respire, que l’on voit, que l’on marche, même si c’est moins bien qu’avant mais avant quoi? L’action n’a d’autre but qu’elle-même. Ainsi s’apaise la déception quand tout se conjugue au présent des fleurs entre les pierres. Belles visions où réaliser que vivre sa vie est au final plus palpitant que de la rêver.

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