Confidences de saison

Les choses nous invitent naturellement à entrer en méditation. Le temps nous regarde vivre les saisons de notre vie en répétant les cycles, les mêmes saisons reviennent sans se ressembler pour autant. Comment était votre été? Comment sera votre automne? Qu’est-ce qui se suit? Qu’est-ce qui se perd? Qu’est-ce qui s’entrejambe à l’ennui d’aujourd’hui, comme le chat de l’envie qui a peur qu’on l’oublie?

Comment vivons nous l’automne? Comment cette saison résonne en nous?
Passés l’émerveillement des couleurs, la richesse des récoltes, soudain l’abandon des feuilles qui épandent leur humus et paillent la terre pour la rendre encore plus féconde à venir laissent quand même à l’instant le paysage désolé d’être nu si vite. Il fait froid!

Et puis nous avançons vers presque l’hiver, le dénuement, les ciels bas et blancs. A part la guirlande sur le sapin de Noël, la lumière reviendra-t-elle?
Nous sentons peut-être sourdre en nous des angoisses, celles qui nous obligent à regarder de façon inséparable la beauté précieuse et les saisons qui s’éphémèrent.
Métaphores de nos vies – résonances à nos coeurs en deuil pas loin de l’endormissement.
Quelle heure est-il? Pourquoi fait-il déjà si noir? J’ai repêché un moral dans mes chaussettes de laine pas beau à voir, et toi?

Allons nous passer notre vie endormi? Que voulons nous vraiment? Le bonheur? Pas si sûr! Nous voulons surtout des objets d’attachements, qu’on nous donne de nouveaux jouets ou qu’on répare ceux qui sont brisés – Nous attendons un Père Noël à moins que ce ne soit une Mère Noëlle qui nous jouerait du pipeau et verserait de la poudre de perlinpimpim sur nos apéricubes car se réveiller est pénible, le lendemain ou le jour même.
A moins que ce qui nous réveille ne soit le froid pinçant d’une douleur au coeur, le reste est vanité de roi.
S’éveiller, guérir est douloureux, nous le savons d’instinct. Passe-moi mon autruche que j’oublie le sablier du temps qui passe. Trève des fêtes, entre dépression et suicide, il y a un possible courage. Faire vivre des muses, oui, se museler, non!

A part si nous touchons le fond, nous n’en n’avons jamais assez des illusions à gogo, des manèges de sortilèges et des cadeaux empoisonnés que nous nous faisons à nous-même. Nous manquons cruellement de clarté dit la clarté en nous mais qu’y faire?
l’ego coud son oreiller sur des points – points aveugles, points de croix, poings de fer si je mens j’irai en enfer! exactement, tu y es déjà!

Bien sûr personne n’est à blâmer, personne n’a la solution pour faire autrement, personne n’a de conseils à donner, mais en parler change parfois les choses. Déjà ça fait du bien de ne pas prendre parti pour une réalité. Chacun la sienne, n’empêche… C’est comme une petite promenade ensemble, entre vous et moi. On peut bien échanger, on peut ne pas être d’accord et on peut rester ouvert. Il y a des possibles nécessaires sinon on ferait la guerre, encore et encore!

De vous à moi, chacun est libre de s’endormir ou de se réveiller, c’est certain. Ceux qui dorment sont peut-être plus nombreux que ceux qui veillent, allez savoir! Une idée originale n’a au départ qu’un seul adepte, une idée originale est un réveil qui peut déranger. Voyez Jésus, voyez Bouddha et d’autres. Voyez-vous même si vous faites autrement que la majorité des gens. Après ce n’est pas systématique évidemment. Quelques flocons de sincérité renouvelée sont tout-à-fait indispensables et irremplaçables.

Penser vraiment à l’abri des regards n’attire pas les foules. S’éveiller n’a rien d’excitant, c’est même la castration ultime de l’ego. Alors? Alors rien de plus ni de moins, juste quelques confidences entre automne et hiver, de quoi méditer les soirs de réveillons. Entre vous et moi, nous pouvons bien nous offrir quelques possibles. C’est cadeau!

Chercher à être approuvé?
de toi à moi c’est lubie enfantine – aujourd’hui tu es grand
et même si tous tes jouets sont brisés tout est vaste
alors va! –

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4 commentaires sur “Confidences de saison

  1. exactement ça en ce moment, oui l’hiver nous laisse nu et l’on a froid même dans son coeur et l’on ne sait pas toujours pourquoi…… La méditante que je suis, lis, écoute médite et ne se sent bien qu’avec sa Sangha alors c’est peut être la solitude de cette saison morte qui fait que…. les fêtes et le fait d’avoir perdu ses rêves d’enfant et de se sentir loin de ses enfants qui comme nous font leur vie, nos parents ont du vivre la même chose. Allez je passe à autre choses, je prends mes pinceaux et vais mettre des couleurs sur une toile, j’ai cette chance là bonne journée

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    1. Merci Annie pour ce partage. L’aridité de l’hiver amène les petits pincements au coeur des deuils necessaires à faire. Heureusement il y les qualités chaudes du foyer intérieur et de ses couleurs à offrir. Le coeur peut aisément contenir ces deux expériences de la vie. Belle inspiration à vous:)

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