Revenir à l’essentiel

Il est facile de se perdre dans les complications, non seulement des soucis et gérances du quotidien, mais même dans une voie spirituelle où pourtant on nous parle de simplicité.
Revenir à l’essentiel est se réaccorder à la simplicité de l’être, au fil d’or ou d’argent de ce qui est sous nos yeux, physiquement et symboliquement parlant.
La simplicité de l’être nous informe que nous avons déjà tout, que nous sommes ce à quoi nous aspirons, que tout est là. Le comble est souvent d’aller chercher la simplicité ailleurs comme si elle se trouvait quelque part. Certes des conditions peuvent la favoriser mais elle est avant tout une question intérieure.

Lorsque nous nous sentons perdus, nous pouvons nous poser la question: qu’est-ce qui est essentiel? qu’est-ce qui est essentiel aujourd’hui? là en ce moment? qu’est-ce qui est essentiel à court et à long terme, même si parfois on ne voit pas plus loin que le bout de son nez, ou que l’on voit la fourmi sur le nez d’un autre et pas le buffle sur le sien.
Bien sûr revenir à l’essentiel n’est pas démissionner de la vie ou de nos responsabilités, ce serait le comble du comble. Cela signifie ici ne pas se perdre, y compris pour assumer ce que nous avons à assumer, le fil d’une vision juste.
Combien de choses simples faisons nous de façon compliquée? Méditer est simple, prendre un coussin, aller s’asseoir. Faire la vaisselle est simple : ouvrir le robinet, et nettoyer. Consoler quelqu’un est simple : écouter, être présent, rassurer.
Dans la plupart des situations, nous savons ce qu’il faut faire mais ne le faisons pas car rapidement notre tête complique les choses. Notre tête complique et notre vie est compliquée, notre vie est compliquée et notre tête s’en ressent, ça marche dans les deux sens. La discipline, l’éthique sont les balises d’un chemin où nous avons conscience que nous risquons de nous perdre en route, et de voir bien des mirages nous tenter et nous disperser à tous les vents du karma.

Nous voulons être simple et naturel mais sommes souvent trop éloignés de nous, de notre nature ouverte et compassionnée. Nous cherchons à comprendre avant d’agir, et parfois comprendre empêche d’agir. Comme le dit la chanson : je ne veux pas que tu me comprennes mais que tu m’aimes. On pourrait dire que c’est une base de résolution car aimer à n’en pas douter est une compréhension sans mots et sans chichis.
S’ouvrir, accueillir, sourire, être sans arrière-pensées et sans attentes et agir à l’essentiel. L’essentiel est toujours proche, cela n’a rien à voir avec de grands concepts, des abstractions de conscience supérieure ou la bien pensance spirituelle.
Il s’agit avant tout de simplicité, de proximité avec soi-même afin de rester proche des autres et de ce qui est, de ce qui se passe en général.
Si vous  détectez la fumée de la souffrance à l’intérieur de votre corps, de votre esprit, ne fuyez pas à toutes jambes. Sentez d’abord la confusion dans laquelle vous êtes et demandez-vous comment vous diriger. Il arrive que la souffrance d’autrui nous mette mal à l’aise car nous sommes mal à l’aise avec la nôtre. Ces situations nous donnent des indices d’aller regarder ce qui nous insupporte. Détecter, se rapprocher, et libérer.

Fondamentalement et naturellement, nous pouvons nous dépouiller du superflu, des  pensées qui nous éloignent de simplement être et nous rapprocher des valeurs de notre nature profonde. La valeur est ce qui vaut à l’aune du coeur, non ce que nous avons accumuler et qui s’en ira ou s’épuisera.

Il y a une tendance actuelle au naturel, au simple, au sobre, c’est séduisant. Cela nous met au contact de la nudité car nous avons trop, nous sommes trop, nous interagissons trop : ai-je vraiment besoin de tout cela? c’est parfois un engrenage. Pour se faciliter la vie d’un côté, on se la complique de l’autre.

Pas de leçons ici, qui en donnerait? regardons juste à l’orée de ces questions comment chacun peut s’orienter pour revenir à l’essentiel, à la sobriété, à la paix simple.
Nous ressentons tous la nécessité de trier, de jeter régulièrement, d’élaguer, de se simplifier la vie, les gestes du matin et de la vie en général. Là aussi combien de décisions et de gestes, de choix compliqués. Se simplifier la vie est tout un art.
Lorsque j’étais en retraite, tout était simple, pas de souci pour les habits, chaque jour la même tenue, pour la coiffure le crâne rasé la facilite, et pas besoin de maquillage ni de miroir. On en éprouve une grande liberté, un sentiment de légèreté et c’est vrai d’essentiel, c’est-à-dire d’absence de superflu, pas besoin de se soucier de son image, de sa garde-robe etc. J’étais en retraite, les conditions étaient particulières et privilégiées de ce point de vue.
Comment là où nous sommes aujourd’hui tenir compte des conditions et en même temps ne pas perdre l’essentiel?
Nous pouvons garder la bonne habitude de trier, nos armoires effectives et les armoires de notre esprit aussi. Nous pouvons faire une journée très énergie « bouddha » dans l’esprit : pas de maquillage, ni de bijoux, pas de sortie, s’habiller sobre, manger un seul aliment, être silencieux et méditer.
Qu’est-ce qui nous empêche de faire cela , même dans notre habitation en ville? il suffit d’avoir une journée devant soi, une journée de totale vacance. Certes nous serons mis face à nos habitudes, à notre mental qui réagira, à nos manques, nos peurs, etc. mais peut-être aussi serons nous dans l’appréciation de l’absence de regard, de la délestation du poids des conventions sociales, pour nous retrouver un peu plus soulagé du poids des paraîtres. Renoncer une journée. Faire retraite juste une journée. Revenir à l’essentiel une journée. Peut-être verrons nous que nous pouvons nous détendre dans la plénitude de l’instant, que passer les frilosités des peurs de manquer, vient la douce harmonie du cœur satisfait et libre. Vous ferez une vraie rencontre avec vous-même, et vivrez peut-être un moment de réconciliation avec qui vous êtes, une acceptation de vous sans contorsions, tel quel.
Vous pouvez toujours essayer.

Ensuite gardez la saveur de cet essentiel sous vos beaux habits et atours, dans vos paroles et activités professionnelles, relations personnelles, seul ou en famille, avec des amis ou des ennemis, rappelez-vous la nudité de l’être et sa plénitude.
Aspirez à celle-ci et retrouvez la régulièrement.

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