Conseils au quotidien – semaine du 23 au 27 octobre

Pour celles et ceux qui n’ont pas d’accès facebook, voici les conseils qui ont été publiés au quotidien sur ma page facebook durant la semaine du 23 au 27 octobre. Retrouvez plus de conseils au quotidien.

23 octobre

La première des qualités à entraîner dans l’action quotidienne (selon les paramitas) est le don, la générosité. Ce qui nous confronte à l’avidité qui est l’acte de prendre ou d’accumuler, que ce soit au niveau matériel ou émotionnel ou encore dans la relation à la nourriture, sans donner en retour. Prendre par peur du manque, ou par gratification, ou par peur de la pauvreté à venir. Il existe de nombreuses formes d’avidité, à nous d’apprendre à les débusquer, en ressentant cette tendance et sa manifestation dans notre personnalité.
La générosité quant à elle est un acte qui nécessite à la fois de savoir lâcher, laisser aller les saisies, mais aussi de savoir recevoir. Savoir recevoir simplement. Cela demande de la tranquillité et de l’espace intérieur, souvent occupé justement par l’avidité. Parfois il est difficile de savoir recevoir car nous sommes aveuglés par la tendance à seulement prendre. Cette attitude est liée à nos peurs et nos manques vécus la plupart du temps, consciemment ou inconsciemment dans l’enfance. Qu’est-ce qui nous a manqué? de quoi avons nous été privé? que cherchons à combler aujourd’hui sans jamais y réussir? dans quel domaine cette avidité est-elle compulsive? est-il possible de travailler avec elle? oui il est possible de la reconnaître, de la questionner avec bienveillance, de la comprendre profondément et de choisir de prendre une autre orientation. C’est le sens de l’entraînement ou de l’éthique : décider de prendre une autre direction que la souffrance pour soi et autrui et développer les moyens pour être capable de tenir cet engagement.
Par exemple nous pouvons apprendre à donner sans attente, sans être à l’affût de compliments ou de reconnaissance. Apprendre à se réjouir de l’acte en lui-même plutôt que de ses résultats ou de ses effets sur les autres. Nous pouvons nous inspirer en cet automne de la générosité de la terre, de la beauté de la nature qui n’attend pas de remerciement mais qui éveille en nous ce bonheur à être dans une aisance naturelle, à se sentir riche de ses dons, de sa propre générosité, sans autre regard que celui de son intention pure.
Finalement cela nous ramène aussi à cultiver l’intention libre des peurs, de l’attachement et de l’avidité de l’ego.
Aujourd’hui quoique vous fassiez de généreux, vous pouvez vous réjouir de l’acte lui-même; vous pouvez dire merci pour ce que vous recevez sans vous même attendre de retour et si déception il y a, regardez et apprenez d’elle que vous étiez peut-être dans l’attente; vous pouvez sentir que vous faites ce que vous faites en don libre, le coeur léger et joyeux.
Vous pourrez toucher du doigt la vraie bonté qui ne manquera pas d’enrichir l’être que vous êtes, de le faire grandir spirituellement si tel est votre souhait. Plutôt que d’accumuler avidement toutes sortes de choses dans le domaine de l’avoir(argent-relations-nourriture etc), vous vous sentirez relié à l’essence de vous même et des autres.
Bonne journée sous le signe de la plénitude, des courges belles et rondes, des pommes nouvelles et des couleurs à l’infini des arbres.
Puissions nous voir toutes les fécondités qui nous entourent et nous sentir riches à leur contact, tellement que la présence même de chaque chose, de chaque être, sera le plus beau des dons.

 24 octobre

Chacun, dans l’aspiration de son coeur conscient, souhaite offrir le meilleur de ce qu’il est. Malgré cette aspiration venue du plus essentiel de nous-même, nous voyons combien il est difficile de mettre cette aspiration en pratique. La bonne volonté ne suffit pas, le désirer ne suffit pas, s’en rappeler de temps à autre ne suffit pas.
Aller au meilleur de soi c’est forcément traverser le pire de soi.Traverser veut dire le reconnaître et l’observer. Comment est ce pire de soi? ce sont les identités douloureuses de notre personnalité, les émotions négatives, les peurs et scénarios divers. Tout ce que nous aimerions fuir, tout ce dont nous aimerions nous débarrasser ou radicalement oublier.
Qui n’a jamais rêvé d’être quelqu’un de complètement différent en mieux? C’est souvent l’espoir que donnent les nouvelles relations, l’impression de pouvoir recommencer à zéro et de gommer tout ce qui était négatif en nous et qui bien sûr venait des autres avant. C’est ainsi que l’illusion se répète jusqu’à se rencontrer à nouveau soi-même. Car le temps dans ces histoires où on renie son passé finit toujours par jouer le rôle principal du déclencheur de lucidité. Ne plus vouloir d’une relation c’est ne plus vouloir d’une partie de soi qui l’avait choisie. Quoiqu’il se passe nous devons assumer notre responsabilité.
Souvent, nous aimerions nous en tirer en faisant porter le chapeau de notre négativité à l’autre, ce qui revient à exclure toutes les parties de nous-mêmes qui nous déplaisent. Loin de se rapprocher de qui on est vraiment on s’en éloigne avec l’illusion de s’en rapprocher.
C’est le fameux dicton: voir la fourmi sur le nez des autres en ignorant l’hippopotame qui est sur le sien. Or cheminer est justement travailler en acceptant, en observant toutes ces parties de nous-mêmes qui constituent notre souffrance quotidienne. En assumer la responsabilité, sans chercher à forcer le changement mais en trouvant la force de changer en regardant autrement qui nous sommes.
Tout ce qui est l’occasion de notre chute libre dans le pire de soi est l’occasion de se relever pour entreprendre un vrai travail de libération. C’est pourquoi nous devons accorder notre attention à ce qui nous déplaît le plus. Il y a une maxime de l’Entraînement de l’esprit (lodjong) qui le résume bien et dit : « travaille toujours sur ton plus gros défaut », c’est-à-dire ton orgueil, ton avidité, ta paresse, ton désir de contrôle, ta dépendance, etc je vous laisse compléter la liste. Il est difficile de se voir soi-même, et souvent nous sélectionnons les miroirs des autres qui nous renvoient l’image la plus flatteuse. Nous devons nous-même apprendre à regarder dans l’observation attentive du miroir de notre propre esprit et aller au-delà du désir d’être rassuré.
Nous y verrons à côté des identités douloureuses et des conditionnements comment favoriser des qualités moins égocentrées tels que la bonté, le sens de la beauté et de ce qui est sincère. Plutôt que de chercher à toujours retomber sur les pattes de l’ego en ne voyant que ce qui nous arrange. Aujourd’hui nous pouvons accepter de regarder attentivement le pire de nous-même en nous demandant comment nous serions sans ces identités douloureuses de sorte à les voir sans les rejeter mais sans forcément emprunter leur direction.
Aujourd’hui est une journée de réconciliation où le pire de soi peut aussi nous montrer le visage du meilleur, une fois prise la décision de s’entraîner avec tout ce qui est négativité. A condition de ne plus justifier ses propres réactions, ce que nous faisons tous, mais d’observer. Remplacez une justification par une observation intérieure silencieuse est le début de la transformation. Gardez l’oeil de votre bonté ouvert et soyez sans concession pour les justifications autocentrées habituelles qui excluent une bonne partie de vous-même, celle qui est précisément votre chemin. Bonne observation!

25 octobre

L’émotion la plus destructrice est probablement la colère. La colère est souvent, voire toujours, celle de l’enfant impuissant et résigné. Le présent devient alors projection récurrente d’un passé douloureux, la projection-intrication de souffrances de l’enfance qui font des situations du présent un passé constamment ressuscité limité et inconscient.
La colère nous incite à blesser les autres, comme nous avons été blessés, et nous fait aller dans la direction opposée à celle que nous souhaitons sur un chemin spirituel. Elle obscurcit notre perception comme une écharde dans la chair de l’ego. Notre colère se trompe toujours de destinataire et nous fait facilement régresser.
Grandir est voir, reconnaître cette colère comme l’expression d’une grande douleur en nous. Nous pouvons accueillir la douleur, la regarder de plus près et peut-être y reconnaître non seulement la nôtre, mais celle de certains membres de notre famille ou d’ancêtres, ou de personnes qui, étant proches, ont souffert. Vue ainsi, la colère se transforme en une conscience nouvelle, celle de l’histoire des blessures des liens et relations dans quoi nous baignons depuis toujours. Nous en sous estimons souvent les effets encore aujourd’hui.
Nous pouvons décider d’aller regarder dans le détail de quelles souffrances accumulées dans l’enfance la colère est porteuse. Essayez de vous rappeler vos premières colères puis de remonter dans le temps, en vous voyant en classe, adolescent, jeune adulte etc jusqu’à aujourd’hui. Essayez de vous remémorer si certaines personnes autour de vous exprimaient toujours ou jamais leur colère. En voulez-vous encore à quelqu’un aujourd’hui? soyez honnête, répondez spontanément. Ressentez les effets de la colère sur votre corps, sentez où vous avez mal, revoyez la ou les situations qui ont pu générer des colères intenses, et parfois réprimées. Sentez comment les effets de la colère se sont inscrits en vous. Faites un lien avec vos colères actuelles. Comment cette colère de l’enfant continue de se projeter douloureusement sur certaines personnes de votre entourage, parfois de façon obsessionnelle.
Sachez alors que vous avez mis le doigt sur une racine de souffrance que vous pouvez vous entraîner à libérer de plusieurs manières.
D’abord, comme toujours, faire face à la réalité de la souffrance que vous ressentez, en prendre la responsabilité afin de vous dissocier de l’enfant qui subit, puis vous pouvez sentir en vous la capacité de porter votre attention au-delà de la colère et découvrir un lieu où elle n’est pas, prenez le temps de rester à son contact.
Vous pouvez aussi si vous avez décelé que cette colère est liée à une personne de votre famille, ou ayant un lien avec elle, rendre cette colère en prenant symboliquement entre vos mains ce fardeau et en le déposant aux pieds de la personne en l’imaginant devant vous. Vous la voyez accepter de prendre ce qui est à elle et ainsi vous pourrez vous sentir soulagé si tel était le cas. Vous pouvez aussi, si c’est trop difficile ou en ressentez la nécessité, vous faire accompagner par des personnes compétentes dans ce travail.
Que ce soit par la méditation ou les actions symboliques, rien n’est à négliger pour travailler avec les émotions négatives. Elles sont le fruit de liens et relations qui se sont mal passées. Nous ne pouvons pas refaire l’histoire mais nous pouvons nous délivrer ou atténuer les liens toxiques de l’enfance qui empoisonnent notre présent. Ce n’est pas toujours facile de se tourner vers le passé, cela peut être douloureux, et pourtant nous sommes peut-être encore intriqué avec l’enfant en souffrance que nous avons été. Nous pouvons le libérer et nous libérer en même temps. Nous pouvons apprendre à nous dissocier de lui, en l’honorant comme un de nos ancêtres, cela nous fera un bien immense. Il est notre ancêtre puisqu’il a précédé celui ou celle que nous sommes aujourd’hui. Regardons le en l’honorant avec gratitude.
Bonne journée sous le signe de la rencontre avec l’enfant que vous avez été dont vous allez à présent prendre soin et qui veillera sur vous avec la bienveillance d’un ancien.

26 octobre

Lorsque nous retombons toujours dans les mêmes erreurs, nous finissons par être intrigué : comment fonctionne mon esprit pour que j’en arrive toujours là? qu’est-ce qui, en moi, génère ou attire toujours les mêmes déboires et désagréments?
Le fait de ne pas vouloir replonger dans les mêmes erreurs stimule notre volonté de vraiment comprendre et d’arriver à faire autrement. Mais comment? tout semble se passer trop rapidement, si aveuglément et à notre insu.
Du point de vue de la pratique de la méditation, il s’agit d’exercer son attention sur le lieu même des crimes de l’ego. Explication : par le regard panoramique de la conscience attentive repérez dans le chantier intérieur ce qui se passe au moment où ça se passe. Vous croisez quelqu’un qui ne vous dit pas bonjour et vous observez en vous la levée de l’aversion et vous vous dites que vous n’en n’êtes pas encore libérée; ou quelqu’un est félicité pour un travail que vous avez fait et vous vous dites que finalement vous vivez la jalousie alors que vous pensiez ne pas la connaître; etc etc
Dans cette observation au vif de l’instant, votre conscience attentive est prompte, rapide, elle ne demande aucun temps particulier de réflexion, elle scanne sur le champ et reconnaît les données qui vous intéressent pour commencer à changer de direction.
Dans l’activité de chaque journée, il se passe beaucoup de choses, nous avons donc vraiment l’opportunité de nous relier à ce qui se lève en nous, même si cela a lieu très rapidement. l’observation ne se limite pas à la neutralité d’un coussin où pendant des années il y aura d’un côté les enseignements, de l’autre la pratique assise et entre les deux un fossé infranchissable, pas grand-chose au final.
Nous pouvons utiliser notre attention comme un puissant scanner, non dépourvu d’humour, qui mettra immédiatement en application les enseignements entendus. Avidité, aversion, orgueil, ressentiment, jalousie, peur etc seront vus au moment de leur apparition.
Cela vous aidera à prendre soin de votre esprit et à vous embellir. Car en chacun, il y a la capacité de se détendre dans la patience de l’esprit, de sa nature spacieuse et libre de négativités. Nous pouvons sentir que cette nature en nous, la part belle de tout être, non seulement n’est jamais affectée par ce qui arrive mais est toujours déjà là, dit autrement toujours accessible dans la non séparation fondamentale.
Dans le miroir de notre essence naturelle nous voyons que la négativité ne peut que nous enlaidir comme elle enlaidit tout ce qu’elle touche même si, sur le moment, elle semble triompher ou être la seule défense possible. Moins revendicatives, la patience et la joie de travailler au quotidien et sans relâche avec ce que nous sommes manifestent la bonté et la beauté que nous aimerions voir vivre autour de nous.
Chaque matin dans le miroir de votre salle de bains, demandez-vous qui regarde : est-ce la sorcière, le ou la souillon de la peur, de l’avidité, de l’orgueil qui s’inquiète de rester la plus belle ou entendez-vous un autre appel qui vous parle aussi de votre vrai visage au-delà de ces inquiétudes et même au-delà du miroir?
Aujourd’hui, voyez et regardez dans le trompe-l’oeil des situations et des rencontres ce qui s’élève dans le miroir de votre esprit, soyez dans un accueil sans jugement mais tenez compte de cela dans vos réponses, pour d’un lâcher-prise, vous remettre à la bonne place intérieure avant d’agir. Respirez, soufflez, calmez-vous, revenez à l’instant libre de jugement, contempler le bout de vos chaussures si nécessaire avant d’agir mais décidez de ne pas quitter la beauté de votre être.
Bonne journée sous le signe de la reconnaissance immédiate qui guérit des réactivités douloureuses. Echouez puis recommencez. Participer à plus de beauté dans le monde, en restant modeste quand même, en vaut la peine non? et cela commence par se guérir soi-même, alors bonne pratique –

27 octobre

Pratiquer la méditation est se donner l’occasion de s’arrêter. S’arrêter pour se reconnecter à un corps apaisé, à une parole silencieuse, à l’espace intérieur d’un chez soi fondamental. S’arrêter pour observer, pour s’exercer, avec attention, à un regard profond. Et cela dès le matin faisant de certains moments de la journée des transitions favorables pour bien commencer ou bien terminer, des moments favorables pour initier ou renouveler cette connection à ce que nous sommes lorsque le corps, la parole et l’esprit sont au repos.
Apprendre à regarder en profondeur ses pensées, ses sensations, ses émotions, et toutes ses expériences.
Dans la vie quotidienne et ses activités, cela signifie que vous continuez à être connecté à ce regard profond de la conscience ouverte, spacieuse et détendue.
Chaque situation, rencontre, actions même simples comme marcher, boire, manger, parler etc peut commencer à être vécu de manière non automatique.
Cet arrêt peut être s’asseoir sur un coussin bien sûr mais parfois nous marchons dans un lieu naturel et tranquille et c’est comme si nous étions posé à l’intérieur de nous même, parfaitement connecté. Nous sentons alors une qualité première de présence et d’observation lucide.
Nous pouvons, dans cet espace, regarder différemment l’une de nos pensées ou sensations ou émotions ou toute autre phénomène.
Par exemple, nous accueillons la pensée qui arrive, émerge de l’inconscient et avant de nous y attacher et qu’elle nous emporte, nous pouvons la questionner : pourquoi cette pensée? pourquoi revient-elle si souvent? et si cette émotion à présent que je regarde pouvait parler, que me dirait-elle? et cette sensation?
Examiner avec ce regard qui porte une attention sans jugement avec le désir de comprendre à la fois ses mécanismes propres et aussi de voir la nature impermanente et interdépendante de toutes choses.
En développant cette façon de porter un regard sur, vous devenez plus sensible dans la présence ici et maintenant à la nature de ce qui est. Vous êtes davantage aussi conscient de votre impact sur les autres, l’environnement, les situations en général. C’est ce qui permet de changer ses habitudes, ses automatismes, ses schémas de pensée, ses croyances limitantes.
Aujourd’hui portez toute votre attention même sur de petites choses, par exemple sur une feuille balayée par le vent, comme révélant tout un monde enchanté, observez, ressentez, faites un arrêt dans ce regard profond qui vous rend au vivant. Aujourd’hui demandez-vous comment regarder plus profondément chaque sensation, pensée, émotion et tout ce avec quoi vous entrerez en contact en ouvrant grand les oreilles, les papilles, les yeux, votre flair, le toucher de votre coeur, votre esprit. Bonne pratique dans la clarté qui comprend en profondeur.

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