conseil au quotidien – avant le 23 octobre

Pour celles et ceux qui n’ont pas d’accès facebook, voici les conseils qui ont été publiés au quotidien sur ma page facebook avant le 23 octobre. Retrouvez plus de conseils au quotidien.

3 octobre

Chaque être est l’héritier de son karma. Cela donne à chacun le pouvoir de le changer. Les bonnes pensées, les bonnes paroles, les bonnes actions sont harmonisantes pour l’entourage et pour celle ou celui qui les produit. Les pensées, les paroles et les actions sous l’effet de fortes émotions destructrices sont néfastes pour autrui et pour soi. Changer son karma est changer le point de départ de l’action, nous-mêmes, car nous sommes ce que nous faisons en corps, parole, esprit. Et nous agissons à partir de ce que nous sommes. Cela peut être le rappel d’une journée.

4 octobre

Lorsque le Bouddha commence sa quête, il a une femme et un enfant. Une nuit il a une vision qui l’éveille comme dans un cauchemar. La chambre où dorment son épouse et son fils s’est transformée en tertre funéraire. Tout n’est que cendres et poussières, balayé par l’impermanence et la mort. Il prend alors conscience de ce qui attend les siens. Il quitte le palais, renonce à ses biens, se coupe les cheveux, devient abstinent et part, motivé par le désir de trouver, par lui-même, le remède à la souffrance de tous les êtres. Le Bouddha n’a pas quitté sa famille parce qu’elle était un obstacle. Il n’est pas parti contre elle mais pour elle. En effet, il a vu que les siens, les plus proches, étaient eux aussi soumis à tous les processus de souffrance. Il était le premier concerné par sa quête. Rappelons nous que ce que nous faisons, en prenant parfois un peu de temps pour le faire, comme méditer ou une retraite, n’est jamais contre les autres, même nos proches, mais pour eux. Puisse cela être l’inspiration du voyage de notre journée!

 5 octobre

Les trois questions du naïkan peuvent nous guider dans l’attention du coeur : qu’ai-je reçu? qu’ai-je donné? en quoi ai-je été source de difficultés pour autrui? elles peuvent s’examiner au rythme que vous souhaitez : fin de matinée, fin d’après-midi et soirée ou au moment de se coucher. Vous pouvez prendre la bonne habitude de noter sur un petit carnet vos réponses qui s’affineront au fil de votre pratique quotidienne. Cette pratique aiguise notre responsabilité vis à vis d’autrui et notre lien d’interdépendance. Elle nourrit notre détermination à donner le meilleur de nous même comme nous le recevons aussi des autres. Vous pourrez ainsi commencer un carnet de gratitude que vous aurez le loisir de feuilleter les jours de grand vent émotionnel. Puissent ces rappels inspirer votre journée!

6 octobre

Une des blessures du coeur est la perte de connexion ou de contact avec les autres ou avec soi – peut-être les autres se sont-ils détournés de vous, se sont fermés ou sont partis. Vous vous levez avec une profonde tristesse, mélange de ressentiment et de chagrin. Que faire? Allez en vous, là où vous sentez la douleur de la perte, reconnaissez la, permettez-lui d’être là, donnez lui de l’espace tout en restant en contact avec elle à travers vos sensations. Laissez les sensations évoluer sans lutter et placer votre conscience au coeur de vous-même. Vous vous reconnecterez à l’essentiel car la douleur derrière les causes de la douleur vient toujours d’une déconnexion d’avec son propre coeur. En vous rencontrant à l’endroit où l’amour vous manque vous pourrez à nouveau habiter en vous même et retrouver de la force. Vous pouvez faire cela tout de suite en quelques minutes, y revenir et le refaire. Puisse ce chemin du coeur donner lieu à toutes les reconnexions possibles dans votre vie et inspirer votre journée.

8 octobre

Transformer sa vie par la méditation est la possibilité d’entrer dans une nouvelle expérience à l’orée de chaque instant et de se donner la capacité de comprendre autrement, en mettant l’espace au centre, au lieu de la fixation egocentrée. Dans le calme et l’attention, il est manifeste que nous pouvons entrer en contact avec l’essence de ce que nous sommes. Nous pouvons nous ouvrir à l’authenticité de notre coeur, et agir ainsi de façon plus synchronisée, en phase avec la réalité de l’ interdépendance et l’exercice de la bienveillance. Méditer est prendre conscience des qualités d’ouverture, de clarté et de réceptivité, qui se vivent déjà quand rien ne les obstrue de l’agitation habituelle et leur laisser prendre la meilleure expression qui soit dans notre vie quotidienne, avec la motivation de toujours pouvoir faire mieux. Méditer est se relier à l’intuition essentielle en amont des croyances. Ce qui nous aidera à voir plus clairement, à ressentir plus sereinement, et à agir en étant plus à l’écoute de l’ensemble des aspects d’une situation.Pensez aujourd’hui à mettre de l’espace en toute action car l’espace originel est déjà là qui attend votre lâcher-prise. Facile et sans effort!

9 octobre

En vouloir à quelqu’un est une agression que nous nous infligeons à nous même. Pardonner est la bonne direction que nous pourrions formuler ainsi : par le don de l’abandon de mes ressentiments, griefs et colères, puissé-je renouer avec la détente du corps et la paix du coeur et délivrer ma parole dans la bienveillance retrouvée. Et si j’échoue je peux aussi me faire don d’une confiance à long terme sur un chemin où trébucher fait partie de l’apprentissage et de l’entraînement. Puisse cette pensée éclairer votre journée.

10 octobre

Le chemin du pardon est accidenté. Quand vous regardez en vous-même avec lucidité et sincérité, vous voyez qu’il y a encore des mémoires émotionnelles qui suintent sur les murs de votre coeur brisé, des bribes d’histoires pas réglées, des regrets qui pointent leur nez et vous gâchent le moment. Alors soyez patient, faites face avec votre coeur tout ouvert, à ces vents de la tourmente et acceptez l’inacceptable déchirure qu’ont produit certains événements, certaines relations ou situations. Accepter veut dire que quelque chose en vous abdique sa toute puissance avant de rencontrer l’espace à nouveau libre où rien n’est à accepter ou à refuser. Accepter veut dire que nous avons tendance à refuser bien sûr. Accepter contient la difficulté à le faire, la sensation d’être contraint à faire quelque chose malgré soi. Et c’est exactement ça au départ. Une fois que nous acceptons ce que nous refusions alors il deviendra plus aisé de transformer accepter en accueillir. Puis se lâchera de soi-même ce qui en nous a fait l’effort du face à face douloureux. L’accueil sera simplement de rester dans l’être-en-liens fenêtres ouvertes sur le soleil de la joie revenue. Tout commence en reconnaissant en nous que chaque jour nous pouvons descendre à la cave ou monter au grenier de nos passés pour y remettre de l’ordre, avec patience et bienveillance. La joie n’est jamais loin de la souffrance. Bonne route sur le chemin de votre journée.

11 octobre

Nulle tanière ne peut nous protéger des drames de l’existence. Chacun reçoit sa part et nul ne sait si c’est fini, ce qui l’attend encore. Regarder vers le passé pour s’en libérer est un travail toujours d’actualité et ne pas vivre dans les projections du futur aussi.
Nous devons apprendre à rester avec ce qui est entre nos mains, à l’instant. Il est facile de se perdre dans les complications et les fixations de l’attachement et de l’aversion. Personne ne sait ce qui adviendra. Ce n’est pas une raison pour cultiver l’errance, et tomber dans les extrêmes nihilistes, où on ne sait pas ce qu’on veut, on a plein d’envies et au final on n’entreprend rien. Or l’action est joie, soutenue par la vision claire de nos valeurs.
Nous pouvons décider de revenir à l’instant par le chemin de la simplicité des valeurs importantes à nos yeux. Valeurs spirituelles par exemple, de la vérité de ce qui est, de l’amour bienveillant et de l’action synchronisée à notre désir d’incarner celles-ci, qu’elles nous guident au quotidien. Pensez aux valeurs qui comptent pour vous aujourd’hui, choisissez-en trois comme rappel lorsque les situations de la journée vous sortent de chez vous pour vous faire errer dans les territoires de l’angoisse indéfinie. Simplicité et précision peuvent guider notre action. A nous d’avoir des pierres de rappel sur le chemin du jour. Que la force, la vitalité et le sens accompagnent votre journée.

12 octobre

Tous nous vivons des peurs. Il existe différentes sortes de peurs : les peurs instinctives liées à ce que nous percevons par nos sens sont utiles, elles nous préviennent du danger. Comme ce que ressentent les animaux, comme la souris qui fuit le chat à sa vue, mais sort dès qu’il n’est plus là. Or lorsque ces peurs se prolongent en dehors de toute menace, elles sont de l’ordre de l’émotionnel ou de l’imaginaire. Par exemple, la peur de l’échec ou la peur de perdre la face, de manquer d’estime, de tomber malade ou autre chose qui met en question l’image de soi. Ces peurs sont souvent très autocentrées. Nous avons peur pour quelque chose qui n’existe pas mais qui envahit notre psyché de la cave au grenier.
Ces peurs imaginaires sont sans limite et engendrent des émotions négatives et toxiques.
Nous devons apprendre à discerner entre les peurs utiles et celles qui ne le sont pas et qui grignotent notre confiance d’un sentiment d’insécurité et d’impuissance, qui nous bloquent. La peur pouvant même engendrer la panique, l’incapacité de raisonner et mener à des excès selon son objet : la peur de manquer par exemple nous fera accumuler avidement.
Aujourd’hui, osez prendre une peur récurrente et examinez-la : est-elle réelle ou imaginaire, utile ou inutile? décortiquez ses mécanismes en observant avec neutralité ses effets sur vous et dans votre vie. Qu’est-ce que cette peur vous empêche de faire, pouvez-vous la laisser aller? En même temps n’oubliez pas que la peur peut aussi nous protéger de faire n’importe quoi, un peu comme le chasseur des contes qui veille au loup. A nous donc d’exercer notre discernement pour agir mais sans nous mettre dans des risques inutiles. La subtilité est de mise, le travail est de longue haleine mais vaut la peine. Vous le savez bien puisqu’il ne se passe pas une seule journée sans que la peur ne pointe son nez sous une forme ou une autre. Alors que ferez-vous?

13 octobre

Des trois poisons qui intoxiquent nos capacités d’ouverture, de présence claire et bienveillante, l’indifférence est souvent le plus difficile à cerner. On ne voit pas bien en quoi c’est un poison émotionnel.
Attachement, aversion et indifférence sont liés. L’indifférence est l’attachement à son propre confort extérieur ou intérieur et l’aversion pour ce qui le dérange. « Tout cela m’est égal – oubliez-moi – qu’on me laisse tranquille -ce n’est pas mon problème » –
Si nous faisons le lien entre ces trois poisons, nous comprenons la dynamique qui les fait fonctionner et se mordre mutuellement la queue.
Ainsi l’attachement est aussi cause d’indifférence en réduisant le champ des intérêts à notre propre ego du moment. L’attachement est l’absence réelle de liens. On ne devient sensible qu’à ce qui conforte nos intérêts personnels, quelque soit le domaine, et on oublie les autres, tous les autres.
L’attachement est la fixation sur une chose, à l’exclusion des autres. Ce qui rend facilement insensible et participe à une vision erronée de ce qui est, dont l’incapacité de voir les souffrances que cela génère. C’est la définition du bonheur égoïste.
Dans le miroir de la prise de conscience de cette dynamique, nous pouvons regarder aujourd’hui l’enchaînement entre nos attachements, nos aversions et nos indifférences. Peut-être pourrons nous réaliser le sens profond de la notion d’attachement et ce qu’elle implique de souffrance. Bonne réflexion au fil de ce qui se présentera pour vous et n’oubliez pas que vous pouvez toujours faire un petit bilan le soir en tête à tête avec le miroir de votre esprit.

16 octobre

Tous nous ressentons la solitude pendant notre existence, à des degrés divers. Il y a celle qui isole et sépare des autres sous l’effet du rejet, de la honte, des blessures de l’amour, du sentiment tenace en l’impossibilité d’être aimé, ou encore de la peur de l’autre et de l’intimité. Cette solitude prend parfois la forme d’une angoisse de mort. Quand des personnes sont malades, vieillissantes ou mourantes elles réveillent le malaise de chacun face à la fin, face à la solitude devenant parfois isolement extrême. C’est pourquoi il est difficile de savoir comment se comporter face à ces rappels vivants de la mort.
Souvent une simple présence tranquille est la seule force équivalente possible face à la puissance de ces moments où tout nous quitte. Comment savoir quitter ce qui nous quitte? grande question au mur existentiel de nos jours et de nos nuits.
Il y a une autre forme de solitude qui est celle irréductible et profonde inhérente à l’existence. Chacun de nous est venu seul à l’existence et devra partir seul, nu et les mains vides dit-on dans l’enseignement. Mais cette solitude est aussi liée au fait que chacun de nous habite un monde qui n’est connu que de lui-même. Il y a la perte de la vie biologique mais aussi et surtout la disparition d’un monde qui n’appartient qu’à moi. Tous mes souvenirs personnels, toute leur intensité n’est fondamentalement vécue et n’a sens que pour moi-même. Cet univers disparaîtra comme l’illusion qu’il est déjà, comme la mer se retire au loin sans revenir. Ce sentiment de perte du monde l’avez-vous déjà ressenti? cela peut susciter de la panique, de la terreur ou alors démasquer tous les mensonges et introduire à la sagesse pour de bon.
Sur le coussin nous entrons dans notre cercueil de cette façon en laissant aller notre monde, en acceptant qu’il se dissolve sous les yeux de notre esprit lucide. Ce face à face à la solitude radicale de la mort peut initier la joie d’un lâcher-prise libérateur et noble qui nous fait regarder autrement chaque personne, avec la douce empathie du mourant vivant qui ne fait pas n’importe quoi du temps précieux qui lui est momentanément imparti.
Sachons rendre hommage à chaque instant comme s’il était le dernier, cinq minutes avant l’extinction de l’ego.
Que ces quelques mots accompagnent votre journée d’une belle vitalité et booste votre coeur à s’ouvrir à tous les passants éphémères que vous croiserez et qui vous croiseront. Portons sur chacun le regard d’une attention empathique que tous nous méritons car nous ne faisons réellement que passer, aux yeux des autres et à nos propres yeux. Alors ne gâchons pas l’instant à ne pas nous aimer.

17 octobre

Chacun de nous souhaite le bonheur et ses causes, éviter la souffrance et ses causes. Une fois cela dit, examinons en quoi nous participons du bonheur et de la souffrance des autres, et même du monde.
Chacun d’entre nous peut avoir conscience de son implication dans le fait de bien faire ou de mal faire, dans sa relation à l’autre. Une conscience plus ou moins vive qui parfois s’élargit et se renverse, alors je finis par voir réellement l’autre, libre de mes projections.
Nous aussi infligeons de la souffrance à d’autres, nous aussi sommes une part des souffrances de chacun. Nous pouvons donc être aussi une part du bonheur des autres, pour peu que les petits moi de notre personnalité ne soient pas trop regroupés en un seul tyran!
Nous pouvons faire mal, nous pouvons mal faire, nous pouvons faire du mal ou faire le mal, que ce soit par ignorance, négligence, intentions négatives ou volonté de blesser, pulsion de destruction, quelqu’un en sera toujours le destinataire, un être humain, un animal ou même le monde en général en sera influencé.
Ce qui est de notre ressort est d’utiliser l’attention pour approcher et protéger autrui de la souffrance qu’on lui fait. Même si les racines de mal-être sont en chacun de nous, cela n’exclut pas notre responsabilité dans les interactions quotidiennes.
Etre attentif à l’autre est s’exercer à pratiquer l’amour bienveillant, c’est regarder l’autre, le garder dans la protection de son propre regard aimant, c’est lui donner existence, lui faire une place en égalité de reconnaissance dans la relation. Aujourd’hui, puissions nous protéger autrui du mal que nous lui faisons ou que nous pourrions lui faire. Car le mal que je fais finira par me défaire moi-même. Me fera défaut alors la part belle de l’amour équanime et attentionné. Tout au contraire, dans le regard du coeur conscient et bienveillant, sans brusquerie ni intrusion, nous laissons l’autre nous dire l’aide que nous pouvons peut-être lui apporter. Ne serait-ce qu’un mot, un geste, une présence. Bonne journée à vous sous le signe du coeur attentionné.

18 octobre

Intégrer la méditation dans la vie quotidienne consiste à faire de petits pas. Ces petits pas sont toutes les activités que nous faisons au cours d’une journée.
Méditer ne consiste en rien à rester assis. Il s’agit de développer l’attention nue et dégagée d’une conscience sans saisie pleinement présente à ce qui est. Ce qui est peut-être la vaisselle du matin, se rendre à son travail, taper sur l’ordinateur, prendre les transports dans les bruits et l’agitation de la ville,être en interaction avec d’autres etc.
Mais il y a aussi des situations plus hautes en énergie, comme les disputes, les imprévus sur les trajets, les conflits relationnels et professionnels persistants, etc. Nous n’avons pas le temps de nous ennuyer car toutes ces situations réclament une attention spacieuse, le rappel de nos bonnes intentions, la conscience du flux des choses et bien d’autres choses encore que votre propre sagesse commence à percevoir dont que vous manquez encore d’entraînement oui ça c’est sûr mais rappelez-vous avec des petits pas réguliers, constants on peut aller loin.
Méditer ne peut se réduire à une activité silencieuse avec des gens tranquilles dans des endroits paisibles. Certes, l’assise est le lieu incontournable de l’entraînement où aiguiser nos capacités et orienter notre esprit à transformer nos perceptions, notre expérience sensorielle et cognitive quotidienne. Ensuite il faut tendre à intégrer ce que nous avons appris directement sur le coussin, le vouloir vraiment.
Nous apprenons à faire face à ce qui vient dans notre esprit et aussi à rester en lien avec ce qui se passe autour de nous, avec de nouvelles manières d’être, de nouvelles habitudes. Sans cette motivation à intégrer la pratique à tout ce que nous vivons, nous serons déçu et passerons à côté du vrai sens de la méditation.
Observez comment dans une journée vous avez parfois des éclairs de génie, car vous vous rendez compte que vous êtes en train d’appliquer ce à quoi vous vous entraînez. Et parfois c’est rudement difficile. Alors félicitations pour ces petites victoires qui nous donnent une vision de ce que peut-être le plein potentiel de la pratique.
Aujourd’hui orientez votre esprit à reconnaître ces petits pas avec curiosité et réjouissez-vous lorsque vous réussissez à vous libérer de vos tensions, à revenir à la respiration, à ralentir au lieu de vous laisser emporter. Sachez savourer ces moments où vous avez été différent, où vous avez pu regarder et agir avec la fraîcheur d’un coeur clair et patient au milieu des choses, plutôt que d’essayer de vous échapper de la réalité, de la fuir. Petits pas, petites victoires, et si échecs il y a, prenons le temps de ré-examiner la situation à tête reposée et encourageons nous à mieux faire dès demain, sans jamais oublier de poser nos pieds dans les petits souliers de l’humilité. Que votre journée soit aujourd’hui comme le voyage d’une vie réussie.

19 octobre

Il y a une maxime de l’Entraînement de l’esprit qui nous invite à considérer tous les phénomènes de la journée comme rêve. Cela nous amène à regarder tout ce que nous solidifions habituellement comme n’ayant pas d’identité fixe, figée, permanente, inaltérable. Ce qui veut dire qu’il n’y a pas de fondement stable, que l’on ne peut s’appuyer sur les monolithes des choses. Comme dans un rêve, où tout peut disparaître alors tout semblait si solidement réel.
Au quotidien, nous vivons aussi en ayant besoin de repères, besoin de déterminer un certain nombre de critères d’actions: des lieux, des horaires etc c’est précis. Et surtout, nous ne pouvons pas éluder la question de la douleur ou de la souffrance d’un simple « ce n’est qu’une illusion ».
En fait, il n’y a pas à prendre partie entre ces deux : « tout n’est qu’un rêve » ou « tout est bien réel et solide ». Nous devons plutôt nous tenir entre les deux, naviguer dans l’expérience de rester ouvert, libre de fixations ou de croyances, y compris celles que pourraient susciter le dharma.
Cela nous aide à lâcher les fixations, nous rappelant la nature illusoire des phénomènes, nous agissons dans cette conscience avec détente et flexibilité.
Comme en témoignait Marpa, à la mort de son fils, lorsque des disciples le voyant pleurer lui rappelait qu’il avait toujours dit que la mort était une illusion, alors pourquoi pleurait-il? Marpa de répondre: « oui c’est vrai, la mort est une illusion et la mort de mon fils est une illusion dans l’illusion mais personne n’a dit que cela n’était pas douloureux ».
Il y a dans cette anecdote un enseignement à la fois éveillé et subtil et profondément humain.
Aller au-delà des extrêmes signifie être capable de rester vrai et sincère dans l’expérience, plutôt que de se la raconter. Et les deux, la mort est une illusion et la douleur de perdre son fils, les deux sont justes et vrais à leur niveau.
Bien que tout ait la nature de l’illusion magique, néanmoins cela n’est pas séparé de la réalité.
En ce qui nous concerne, laissons se dérouler notre journée en étant attentif à nos tendances à solidifier nous rappelant que tout n’est que rêve, sans nous désolidariser pour autant de l’action à faire.
Bien que tout ait la nature du rêve, nous vivons et agissons dedans, avec la responsabilité d’être libre des extrêmes. Puissions être capable aujourd’hui de voir et reconnaître nos tendances à rigidifier le monde, en voir les limites et nous ouvrir à la chaleur de la détente en l’absence de fixations. Comme dans un rêve dont on saurait qu’il est un rêve et qu’on poursuivrait librement.
Nous ferons alors plus confiance à la fois à l’intelligence fluide et claire de ce qui est et à notre capacité à apaiser et enrichir les situations, sans trop d’attentes.

20 octobre

Pacifier l’esprit par l’assise de la méditation nous fait prendre conscience de ce qui dans notre vie n’est pas pacifié, est resté en suspens, en attente de résolution, ce que l’on appelle parfois « les affaires non réglées ». C’est là une prise de conscience importante, à ne pas négliger et qui est l’effet même de notre désir d’apaisement.
Un processus est en route de plus grande conscience et nous réalisons que nous ne pourrons jamais être en paix en profondeur si nous ne sommes pas capables d’achever d’une manière ou d’une autre ce qui a été commencé un jour quelque part. Il est toujours possible de faire quelque chose pour les fantômes de nos nuits et de nos jours.
Les affaires en attente de résolution sont souvent liées à des relations qui ont laissé des blessures, des choses dites ou non, accomplies ou non.
Parfois on laisse passer du temps en remettant à plus tard ce que l’on pourrait faire le jour même, le fait de remercier quelqu’un par exemple qui a compté pour nous et au final nous apprenons son décès et nous nous en voulons. Nous aurions pu faire un signe, que l’autre sache combien il avait été important dans notre vie. Mais nous avons été pris dans les turbulences de notre propre vie et nous avons été négligent sans le vouloir.
C’est pourquoi, comme nous le savons déjà – mais le mettons nous en application? – il est essentiel de ne pas remettre à plus tard mais de faire maintenant. Exprimons nos sentiments maintenant, offrons des fleurs maintenant, lâchons les colères maintenant. En faisant cela nous nous libérerons du passé et vivrons notre vie plus pleinement.
Demandez-vous : est-ce que la pensée d’une personne m’obsède régulièrement? est-ce que je me mets facilement en colère en pensant à un tel ou une telle ou en me remémorant telle situation, la façon dont elle s’est ou pas terminée? ai-je des regrets dans un domaine particulier? ai-je des choses que je n’ai pas dites qui me pèsent sur le coeur? y-a-t-il quelque chose que je remets toujours à plus tard? et si des souvenirs ou événements du passé sont vraiment trop difficiles, alors je peux aussi demander de l’aide à une personne compétente pour faire ce travail d’apaisement.
Aujourd’hui nous pouvons décider d’entrer en contact avec ces fardeaux et les déposer de la meilleure manière qui convient selon les situations. Faisons le maintenant, avant que la mort nous sépare, avant que l’oubli recouvre tout, avant que nous pensions que cela n’est pas si important.
Listez les petites choses que vous pouvez faire tout de suite et agissez. Il est toujours possible de faire quelque chose. Ce qui nous semble des petites choses dans ce domaine sont essentielles à notre harmonie et à celle des autres. Agir en ce sens nous apportera un réel soulagement. Bonne journée à tous sous le signe de la paix profonde.

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